Victoire du cabinet : Titre de séjour « étudiant », 3 redoublements et une issue favorable

Même après 3 redoublements la progression compte : analyse d’un refus de renouvellement

Le motif du « manque de sérieux des études » est l’un des plus fréquents dans les refus de renouvellement des titres de séjour étudiants. Pourtant, derrière ce motif, se cachent souvent des parcours plus complexes et des évolutions réelles que l’administration n’examine pas toujours avec la rigueur requise.

Le cas d’un jeune étudiant étranger récemment défendu devant le Tribunal administratif de Nantes illustre parfaitement cette réalité : même après plusieurs échecs, la progression peut être déterminante.

1. Un parcours étudiant marqué par des difficultés, puis une progression réelle

L’étudiant concerné a débuté son parcours dans l’enseignement supérieur français par une licence universitaire.

Ses trois premières années dans cette filière se sont soldées par une absence de validation. Ces difficultés s’expliquent par :

  • l’adaptation à un système universitaire très différent de celui de son pays d’origine ;
  • une maîtrise encore insuffisante des outils numériques à son arrivée ;
  • un événement familial douloureux ayant affecté sa capacité de concentration.

Souhaitant persévérer tout en trouvant un cadre plus adapté, il s’est ensuite orienté vers un BTS du secteur commercial.

  • Sa première année de BTS a été marquée par des résultats encore insuffisants.
  • Mais le premier semestre de la deuxième année a révélé une amélioration nette et constante : notes en hausse, assiduité irréprochable, meilleure compréhension des enseignements.

Cette progression s’est confirmée puisqu’il a finalement validé l’ensemble de son BTS, ouvrant la voie à une admission en école supérieure pour l’année suivante.

2. Ce que recouvre réellement le “sérieux des études”

Le sérieux des études ne se limite pas au nombre d’années validées.

Le droit impose à la Préfecture d’apprécier plusieurs éléments :

  • l’assiduité (présence aux cours, examens, obligations pédagogiques),
  • la progression, même partielle,
  • la cohérence d’une réorientation,
  • les circonstances ayant pu expliquer des difficultés.

L’article L.422-1 du CESEDA et la jurisprudence rappellent que l’analyse doit être globale et individualisée.

Autrement dit : on ne peut pas juger un étudiant uniquement sur ses échecs initiaux si la suite du parcours démontre un investissement réel et une progression.

Dans ce dossier, le Tribunal a considéré que l’amélioration obtenue en deuxième année de BTS était un élément essentiel, suffisant pour créer un doute sérieux quant à la légalité du refus préfectoral.

3. Une erreur classique de la Préfecture : l’examen incomplet

Dans les décisions de refus pour « manque de sérieux », l’administration commet souvent les mêmes erreurs :

  • se fonder uniquement sur les premières années d’études,
  • ignorer les résultats les plus récents,
  • ne pas tenir compte de la réorientation,
  • négliger les circonstances expliquant les échecs (deuil, adaptation, santé, etc.).

Dans ce dossier, la Préfecture n’avait pris en compte que les années de licence non validées, passant sous silence :

  • la nette amélioration en deuxième année de BTS,
  • la validation complète du diplôme par la suite,
  • la cohérence du nouveau parcours,
  • l’assiduité constante du jeune étudiant.

Le Tribunal a rappelé qu’un tel examen était insuffisant, entraînant la suspension de la décision préfectorale.

4. L’accompagnement du cabinet : défendre la progression et sécuriser le parcours

Pour un renouvellement de titre étudiant, il est essentiel de présenter un dossier complet, permettant de démontrer :

  • votre assiduité,
  • votre progression,
  • les raisons des éventuelles difficultés,
  • la cohérence de votre orientation,
  • et les efforts réalisés pour réussir dans votre filière.

Le cabinet intervient pour :

  • analyser l’ensemble de votre parcours,
  • identifier les éléments déterminants,
  • structurer un argumentaire solide,
  • défendre vos droits devant la Préfecture et le Tribunal.

Dans cette affaire, l’argumentation présentée a permis d’obtenir la suspension du refus de séjour, ainsi qu’une autorisation provisoire de séjour et de travail, le temps pour la Préfecture de réexaminer la situation.

Une issue favorable qui montre que, même quand tout semble perdu, un parcours en évolution et des efforts constants peuvent encore être pleinement reconnus.

Face à une décision défavorable, rien n’est jamais définitivement joué. Une analyse rigoureuse, une argumentation construite et une défense attentive aux réalités humaines peuvent faire la différence.

Le cabinet accompagne les étudiants à chaque étape, avec méthode et engagement, pour faire valoir leurs droits et redonner une perspective là où l’administration n’en voit plus.